Page:Variétés Tome II.djvu/288

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ces belles paroles, forgées dans le tymbre de mon jugement et alambyquées dans le cerveau de ma grande capacité, je pense avoir aussi bien parlé qu’un savetier qui list la Bible, et si je ne suis pas Thessalonicien. Çà, reprenons nos flustes ; aille comme voudra l’affaire des carrosses : j’ayme autant l’entier que le rompu. Tout m’est indifferent ; qu’il y ait reglement ou non, peu m’importe : je n’en boiray pas un coup moins. Ne meiné-je pas avec le mien la faveur, et par consequent Cesar et sa fortune ? L’herbe sera bien courte si je ne puis paistre. Quel retranchement qu’il y ait de colonel, maistre de camp ou regiment de cette grande armée de carrosses qu’on voit par Paris, le mien roulera tousjours, en despit des Simons et Simonets14. Comme nos maistres changent quelquefois de livrées, aussi ils changent parfois de devises. Je porte maintenant la mesme qu’un


14. Nous n’avons pu trouver le sens de ces mots Simons et Simonets ; mais il est certain qu’on les employoit alors quand on vouloit parler de la braverie et de la piaffe des gens du bel air. Faire du Simonet, par exemple, se disoit, je crois, ce passage-ci me le confirme, dans le sens de se pavaner en carrosse, etc. Nous lisons dans l’une des satires du sieur Auvray, les Nompareilles :

Esclatter en clinquant, gossierement vestu,
Piaffer en un bal, gausser, dire sornettes,
.  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .
Savoir guerir la galle à quelques chiens courrans,
Mener levrette en lesse, assomer paysans,
.  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .
Faire du Simonet à la porte du Louvre,
Sont les perfections dont aujourd’hui se couvre
Sont les perfLa noblesse Françoise.