Page:Variétés Tome II.djvu/334

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Le cordelier, qui leur parler escoute
Sans s’estonner, ne leur refusa poinct,
Et pour prescher commença en ce poinct :

Je ne sçaurois assez vous collauder,
Messieurs, dit-il ; je veux bien asseurer
Que vostre train, pur, innocent et munde,
À cil de Christ ressemble estant au monde.

Premièrement, il hantoit les meschans :
Sy faictes-vous, et les allez cherchans ;
Il ne fuyoit les noces et banquetz :
À table on oit nuict et jour vos caquetz ;
À luy venoient paillards et publicains :
Avecques vous sont tousjours les putains ;
En croix pendu fut avec les larrons :
En tel estat de bref nous vous verrons ;
Puis vous sçavez qu’aux enfers descendit :
Vous aurez bien un semblable credit ;
Il en revint, puis au ciel s’envola :
Mais vous jamais ne bougerez de là.
Voilà sans faute, en oraison petite,
De vostre estat la louange deduicte.

La Responce des Soldats.

Ces bons soldats, ayant bien escouté
Du cordelier le sermon effronté,
L’un print propos, disant en ceste sorte :
Heu ! compagnons, que nul ne se transporte
Hors de ce lieu tant qu’auray respondu