Page:Variétés Tome II.djvu/336

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Les bons jambons et belles eschinées4
Qui sont pendus à l’air des cheminées,
Que vous nommez les aiguillons de vin,
Les arrousant de mainte beau latin :
Temoings en sont vos belles rouges trognes,
Vos beaux rubis et ces gros nez d’yvrognes,
Nez que tousjours ceste eau benite lave
Qu’on va querir au profond de la cave ;
Nez qu’on peut dire estre assez buvatif,
Nez coloré de teinct alteratif,
Nez dont je dis que mesme la roupie
Pisse tousjours vin de théologie,
Nez vrais gourmetz de vos très sainctz desirs,
Seuls alembics de vos plus beaux plaisirs.
Nez par qui sont seurement annoncez
L’aigre, le doux, l’esvent et le poussé5.
Nez qui chantent les très grandes merveilles
Du vin hoché à deux ou une oreilles6.
Nez suce-vin, vaillans roys des bouteilles,
Nez rougissans comme roses vermeilles,



La devora : bien sçavoit la science ;
Puis, quand il eut pris sur sa conscience
Broc de vin blanc, du meilleur qu’on elise :
Mon Dieu, dit-il, donnez-moi patience !

Qu’on a de mal à servir sainte Eglise !

4. La pièce de chair qui se taille sur le dos du porc. C’est toujours le terga suis qu’Ovide nous montre pendu aux solives de la cabane de Philémon et Baucis. Au XVIIe siècle, « une échinée aux pois », c’étoit un des bons ragoûts des gens du peuple.

5. Le vin poussé est celui que le trop de chaleur a gâté.

6. C’est le vin à une oreille dont parle Rabelais (liv. 1er,