Page:Variétés Tome IV.djvu/236

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grande tristesse et fascherie, principalement lors que l’eaue provenante du bois tortu vous a manqué, pour avoir esté egarez comme soldats qui ont perdu leur capitaine, comme brebis depourveues de pasteur, ne sçachans où chercher pasture. Aussi vous, après avoir esté privez de ma presence, avez esté fourvoyez de vostre chemin accoustumé d’aller sacrifier au dieu Bacchus, changeans à chacune heure de lieux où se faict ordinairement le service du vin, selon les recits qui vous estoient faicts des lieux où gisoit le meilleur de ce qui vous fortifie à porter voz charges accoustumées, lequel changement vous estoit causé par les porteurs d’eaue, voz ennemis et malvueillans, en ce que ne mettez point en œuvre de leur marchandise, si ce n’est contre vostre volonté et lorsque le pouvoir d’avoir aultre marchandise plus agreable vous default ; pour eviter la compagnie des quelz, ensemble de ceulx qui, en vertu de certaine ordonnance et reglement faict en ceste ville, font perquisition et recherche des bourgeois, entre les quelz, subauditur des cornus, vous tenez les premiers rangs, qui vont aux cabarets et tavernes pour y travailler des maschoires et arrouser leur gosier,


débiter au peuple. V. Première continuation du Mercure françois, in-8, 1611, p. 37. — On se moqua beaucoup dans le public de cette singulière vengeance du ministre. V. plus haut, p. 27, la pièce qui a pour titre Songe. Aussi, l’année suivante, le petit clocheteur étoit-il rétabli, et donnoit matière à la pièce, très rare aujourd’hui, que nous reproduisons. Cette affaire a été racontée sommairement par M. Bazin dans son petit volume la Cour de Marie de Médicis, p. 100.