Page:Vauban - Traité des sièges et de l’attaque des places.djvu/132

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de feu préparé contre ceux de la tranchée qui se découvriront pour les charger, ce qui ne saurait manquer d’être fort sanglant, vu la proximité du chemin couvert.

C’est pourquoi il ne s’y faut pas exposer, mais bien apprêter le feu de la troisième place d’armes, et le laisser agir ; après quoi quand il sera temps d’y faire marcher quelque compagnie de grenadiers, se servir des couverts de la tranchée tant qu’on pourra ; et surtout ne se point presser d’aller au-devant de ces sorties, mais céder et leur donner lieu de s’engager pour les attirer sous notre feu ; ensuite de quoi, et quand ils seront bien en désordre, les faire pousser par nos grenadiers sans poursuivre trop loin, mais se contenter de les recoigner chez eux, et puis se retirer dans nos couverts.

Comme ces sorties ne peuvent avoir pour objet que de surprendre quelque tète de tranchée imparfaite, obliger votre monde à s’exposer au feu apprêté pour cela ; il faut, pour ne s’y point commettre, donner ordre aux sapes et à ceux qui les soutiendront, de se retirer promptement sur les revers de la place d’armes sitôt qu’on verra paraître les premières têtes de la sortie, laisser agir quelque temps le feu de la même, et revenir sur eux quand on les verra assez engagés, sans se faire une affaire de leur voir renverser une douzaine ou deux de gabions et y mettre le feu, pourvu qu’on leur fasse