Page:Verhaeren - Contes de minuit, 1884.djvu/24

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du jour et d’analyser peu à peu son charme hantant.

Un soir, il la mit lui-même sur un chevalet, tout près de la tétonnière. Il l’examina longtemps, la disposa à recevoir en biais la lumière et vint s’asseoir à son pupitre pour juger de l’effet produit. La lampe pendue au-dessus de sa tête éclairait en plein la scène de torture. Les larrons semblaient sortir du cadre ; le nimbe de la Vierge faisait un plat d’émail ; le Christ pantelait.

Mais ce que Vinckx absorbé n’aperçut point, ce fut le trouble que jeta cette présence d’intrus parmi les hôtes immobiles de la chambre. Il se produisit un malaise général : des expressions de colères tremblèrent sur les visages ; des regards bienveillants d’ordinaire tombèrent du plafond tels que des lames d’épées ; d’autres s’obscurcirent, comme les