Page:Verhaeren - Les Aubes, 1898, éd2.djvu/162

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Au cœur même d’Oppidomagne,
À cette heure d’espoir immense,
Au seuil des jours nouveaux, qui recommencent,
Pour deux races, l’humanité ;
Séchant mes pleurs, dressant ma volonté,

(Elle désigne la foule)

Je vous confie, à vous, cet enfant de sa chair,
Je le voue au devoir tragique, au devoir fier,
À l’éclatante et divine chimère,
Que chevauchait et que domptait son père.
Je l’offre à l’Avenir qui chante, en ce décor
De fête et de révolte auréolées,
En ce décor de joie et de douleurs mêlées,
Ici même, devant vous tous, aux pieds du corps
Encore sanglant d’Hérénien mort !

Claire tient quelque temps l’enfant levé au milieu des acclamations et des bras qui se tendent, puis elle le passe aux mains de Hordain. Alors, à bout de forces, elle s’affaisse, sanglotante, sur le cadavre. Le silence, lentement, se fait.



LE BREUX


Cette heure est trop grande et trop belle, elle nous lie