Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, IV.djvu/443

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
433
mes prisons


XIV


Et le digne, très digne homme de Dieu, me laissa tranquille.

J’obtempérais à son système et me résignais, priant.

Priant, à travers mes larmes, à travers les sourires, comme d’enfant, de comme un criminel racheté, priant, ô, à deux genoux, à deux mains, de tout mon cœur, de toute mon âme, de toutes mes forces, selon mon catéchisme ressuscité !

Combien est-ce que je réfléchissais sur l’essence et l’évolution même de la chose qui s’opérait en moi ! Pourquoi, Comment ?

Et j’avais de ces ardeurs, de ces, comme on dirait en nos odieux temps, dispositions ! Comme j’étais bon, simple, petit !

Et ignorant !

« Domine, noverim te ! »

Quelle candeur d’enfant de cœur, quelle gentillesse de vieux — et jeune ! alors, pécheur converti, d’orgueilleux s’humiliant, d’homme violent devenu un agneau !

J’abdiquai dès lors toute lecture « profane ». Shakespeare, entre autres, déjà lu et relu dans le texte à coups de dictionnaire et enfin su par cœur, pour