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les poètes maudits


UNE LETTRE DE FEMME


Les femmes, je le sais, ne doivent pas écrire ;
Les femmes,J’écris pourtant
Afin que dans mon cœur au loin tu puisses lire,
Les femmes,Comme en partant.

Je ne tracerai rien qui ne soit dans toi-même
Les femmes,Beaucoup plus beau,
Mais le mot cent fois dit, venant de ce qu’on aime,
Les femmes,Semble nouveau.

Qu’il te porte au bonheur ! moi, je reste à l’attendre,
Les femmes,Bien que, là-bas,
Je sens que je m’en vais pour voir et pour entendre
Les femmes,Errer tes pas.

Ne te détourne pas s’il passe une hirondelle
Par le chemin,
Car je crois que c’est moi qui passerai fidèle
Les femmes,Toucher ta main.

Tu t’en vas ; tout s’en va ! tout se met en voyage,
Les femmes,Lumière et fleurs ;
Le bel été te suit, me laissant à l’orage,
Les femmes,Lourde de pleurs.

Mais si l’on ne vit plus que d’espoir et d’alarmes
Les femmes,Cessant de voir,
Partageons pour le mieux : moi je retiens les larmes
Les femmes,Garde l’espoir.