Page:Verne - Histoire des grands voyages et des grands voyageurs, Hetzel, 1870, tome 1.djvu/135

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cotora comme d’enchanteurs habiles, qui par leurs charmes obtiennent tout ce qu’ils veulent et commandent aux ouragans et aux tempêtes. Puis, descendant encore de mille milles vers le sud, il poussa sa flotte jusqu’au rivage de Madagascar.

Aux yeux du voyageur, Madagascar est l’une des plus grandes et plus nobles îles qui soient au monde. Ses habitants sont très-adonnés au commerce, et particulièrement au trafic des dents d’éléphant. Ils se nourrissent principalement de chair de chameau, qui est une chair meilleure et plus saine qu’aucune autre. Les marchands qui viennent des côtes de l’Inde n’emploient que vingt jours à traverser la mer d’Oman ; mais, quand ils retournent, il ne leur faut pas moins de trois mois, à cause des courants contraires qui tendent incessamment à les rejeter dans le sud. Néanmoins, ils fréquentent cette île, car elle leur fournit le bois de sandal, dont il existe des forêts entières, et l’ambre, qu’ils échangent contre des draps d’or et de soie avec grand profit. Les animaux sauvages et le gibier ne manquent point à ce royaume, suivant Marco Polo ; léopards, ours, lions, cerfs, sangliers, girafes, ânes sauvages, chevreuils, daims, bestiaux, s’y rencontrent par troupes nombreuses ; mais ce qui lui parut merveilleux, ce fut ce prétendu griffon, ce « roc » dont il est tant question dans les Mille et Une Nuits, qui, dit-il, n’est pas, comme on le croit généralement, un animal moitié lion et moitié oiseau, capable d’enlever un éléphant dans ses serres. Cet oiseau si merveilleux était probablement l’épyornis