Page:Verne - Histoire des grands voyages et des grands voyageurs, Hetzel, 1870, tome 1.djvu/197

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aucun résultat, parce que le roi de Portugal, détourné de ce projet par ses guerres avec l’Espagne, mourut sans avoir pu porter son attention vers les découvertes maritimes.

Son successeur, Jean II, adopta avec enthousiasme les plans combinés de Colomb et de Toscanelli. Toutefois, avec une fourberie qu’il faut dénoncer, il chercha à dépouiller ces deux savants du bénéfice de leur proposition, et, sans les prévenir, il fit partir une caravelle pour tenter cette grande entreprise et atteindre la Chine en traversant l’Atlantique. Mais il comptait sans l’inexpérience de ses pilotes, sans la tempête qui se déclara contre eux, et, quelques jours après leur départ, un ouragan ramenait à Lisbonne les marins du roi de Portugal.

Christophe Colomb, blessé justement de cet acte d’indélicatesse, comprit qu’il ne pouvait plus compter sur ce roi qui l’avait indignement trahi. Devenu veuf, il quitta l’Espagne avec son fils Diégo vers la fin de l’année 1484. On croit qu’il se rendit à Gênes, puis à Venise, où ses projets de navigation transocéanienne furent assez mal accueillis.

Quoi qu’il en soit, on le retrouve en Espagne pendant le courant de l’année 1485. Le pauvre grand homme était sans ressources. Il voyageait à pied, portant dans ses bras son petit Diégo, âgé de dix ans. Mais, depuis cette période de sa vie, l’histoire le suit pas à pas, elle ne le perd plus de vue, et elle va conserver à la postérité les moindres incidents de cette grande existence.