Page:Verne - Histoire des grands voyages et des grands voyageurs, Hetzel, 1870, tome 1.djvu/319

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dû résigner ses fonctions avant de les avoir exercées. Le choix du roi était alors tombé sur Francisco d’Almeida, qui partit en 1505 avec son fils. Nous verrons tout à l’heure quels étaient les moyens qu’il crut devoir employer pour amener le triomphe de ses compatriotes.

Le 6 mars 1506, seize bâtiments quittaient Lisbonne sous le commandement de Tristan da Cunha, alors revenu à la santé. Avec lui partait Alphonse d’Albuquerque, emportant sans le savoir sa patente de vice-roi de l’Inde. Il ne devait ouvrir le pli cacheté qui lui avait été remis qu’au bout de trois ans, lorsqu’Almeida serait arrivé au terme de sa mission.

Cette nombreuse flotte, après avoir relâché aux îles du cap Vert et reconnu le cap Saint-Augustin, au Brésil, s’enfonça résolument dans les régions inexplorées du sud de l’Atlantique, si profondément, disent les anciennes chroniques, que plusieurs matelots, trop légèrement vêtus, moururent de froid, tandis que les autres avaient peine à exécuter les manœuvres. Par 37° 8′ de latitude sud et par 14° 21′ de longitude ouest, da Cunha découvrit trois petites îles inhabitées, dont la plus grande porte encore son nom. Une tempête l’empêcha d’y débarquer et dispersa si complètement sa flotte qu’il ne put réunir ses bâtiments qu’à Mozambique. En remontant cette côte d’Afrique, il reconnut l’île de Madagascar ou de Sam-Lorenço, qui venait d’être découverte par Soarès à la tête d’une flotte de huit vaisseaux que d’Almeida renvoyait en Europe,