Page:Verne - Le volcan d'or.pdf/414

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X

OÙ LE DÉSERT SE PEUPLE PLUS QU’IL NE CONVIENDRAIT.


Après le départ de Summy Skim et de Neluto pour la chasse aux orignals, Ben Raddle avait passé une nouvelle inspection des travaux. Si aucun retard ne se produisait, le canal serait achevé le soir même. Il n’y aurait plus qu’à donner les derniers coups de pic à la paroi du cratère, ouvrir la saignée dans la rive gauche du Rio Rubber, et les eaux se précipiteraient en torrent dans les entrailles du Golden Mount.

Ces énormes masses liquides, vaporisées par le feu central, détermineraient bientôt une violente poussée qui lancerait au dehors les matières volcaniques. Sans doute, elles contiendraient une forte proportion de laves, de scories et d’autres substances sans valeur, mais les pépites, les quartz aurifères y seraient mélangés, et on n’aurait qu’à les recueillir sans avoir eu la peine de les extraire.

La violence des forces souterraines continuait à s’accroître. Les bouillonnements intérieurs augmentaient d’intensité de jour en jour. C’était à se demander si l’introduction des eaux dans le cratère serait nécessaire.

« Nous le verrons bien, répondit Ben Raddle au Scout qui lui faisait cette observation. Il ne faut pas oublier que le temps nous est strictement ménagé. Nous avons dépassé la moitié du mois de juillet.

— Et il serait imprudent, approuva Bill Stell, de s’attarder plus d’un mois à l’embouchure de la Mackensie. Comptons trois semaines pour revenir au Klondike, surtout si nos chariots sont lourdement chargés…

— Ils le seront, Scout, n’en doutez pas !

— Dans ce cas, monsieur Raddle, la saison sera déjà assez avancée lorsque nous arriverons à Dawson City. Si l’hiver était