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un capitaine de quinze ans.

d’abord dans une de ces maisons d’enfants, où il y a toujours, en Amérique, une place pour les petits abandonnés. Puis, à quatre ans, Dick apprenait à lire, à écrire, à compter dans une de ces écoles de l’État de New-York, que les souscriptions charitables entretiennent si généreusement.

À huit ans, le goût de la mer, que Dick avait de naissance, le faisait embarquer comme mousse sur un long-courrier des mers du Sud. Là, il apprenait le métier de marin, et comme on doit l’apprendre, dès le plus bas âge. Peu à peu, il s’instruisit sous la direction d’officiers qui s’intéressaient à ce petit bonhomme. Aussi, le mousse ne devait-il pas tarder à devenir novice, en attendant mieux, sans doute. L’enfant qui comprend, dès le début, que le travail est la loi de la vie, celui qui sait, de bonne heure, que son pain ne se gagnera qu’à la sueur de son front, — précepte de la Bible qui est la règle de l’humanité, — celui-là est probablement prédestiné aux grandes choses, car il aura un jour, avec la volonté, la force de les accomplir.

Ce fut lorsqu’il était mousse à bord d’un navire de commerce, que Dick Sand fut remarqué par le capitaine Hull. Ce brave marin prit aussitôt en amitié ce brave et jeune garçon, et il le fit connaître plus tard à son armateur James-W. Weldon. Celui-ci ressentit un vif intérêt pour cet orphelin, dont il compléta l’éducation à San-Francisco, et il le fit élever dans la religion catholique, à laquelle sa famille appartenait.

Pendant le cours de ses études, Dick Sand se passionna plus particulièrement pour la géographie, pour les voyages, en attendant qu’il eût l’âge d’apprendre la partie des mathématiques qui se rapporte à la navigation. Puis, à cette portion théorique de son instruction, il ne négligea point de joindre la pratique. Ce fut comme novice qu’il put s’embarquer pour la première fois sur le Pilgrim. Un bon marin doit connaître la grande pêche aussi bien que la grande navigation. C’est une bonne préparation à toutes les éventualités que comporte la carrière maritime. D’ailleurs, Dick Sand partait sur un navire de James-W. Weldon, son bienfaiteur, commandé par son protecteur, le capitaine Hull. Il se trouvait donc dans les conditions les plus favorables.

Dire jusqu’où son dévouement aurait été pour la famille Weldon, à laquelle il devait tout, cela est superflu. Mieux vaut laisser parler les faits. Mais on comprendra combien le jeune novice fut heureux, lorsqu’il apprit que Mrs. Weldon allait prendre passage à bord du Pilgrim. Mrs. Weldon, pendant quelques années, avait été une mère pour lui, et, en Jack, il voyait un petit frère, tout en tenant compte de sa situation vis-à-vis du fils du riche armateur. Mais, — ses protecteurs le savaient bien, — ce bon grain qu’ils avaient semé était tombé dans