Page:Viard - Grandes chroniques de France - Tome 8.djvu/117

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montaignes ; si trouva ilec grant foison de Sarrazins qui li vouldrent deffendre le port, car il cuidoient qu’il vousissent prendre terre ; si se combatirent à lui. A yce poindre, il perdi iiim hommes par nombre. Ilec demoura et attendi[1] ne scai quant jours, et manda à ceulz de Meschines et de Palerne qu’il ne doubtassent de riens le roy Charles, car il avoit bien si grans gens et tant de force qu’il estoit certain d’avoir la victoire et la seigneurie. Si comme ces choses estoient en ce point, nouvelles vindrent au roy de Cezille que touz les François avoient esté occis qui estoient en Cecille et que tout Cecille estoit tournée contre li, et que le roy d’Arragon estoit assés près de Cezille. Il manda tantost toutes ces choses à l’Apostole Martin et à son neveu le roy de France. L’Apostole ala tantost à Obertine[2] et assambla tantost tout le peuple du pays et leur amonnesta et dist que nul ne fust contre le roy Charles ne de riens contraire, que le royaume tenoit et devoit tenir de l’eglise de Rome, et que en l’aide de ceulz de Cecile ne de leur commandemens, ne fussent de riens obeissans en nulle maniere ; et ce commandoit-il et vouloit que ce fust sus paine de sentence d’escommeniement. Quant il ot ainsi sermoné et amonnesté le peuple, si envoia i de ses cardinalz en la contrée et ou païs, maistre Girart de Parmes, évesque de Sainte Sabine[3], pour ce qu’il rappelast ceulz de

  1. Les Grandes Chroniques n’ont pas traduit tout la phrase de G. de Nangis : « In partibus vero illis quæ viciniores sunt Siciliæ diebus aliquibus declinans, expectavit ut, oportunitate captata, commodius iniquitatem quam conceperat parturiret. »
  2. Obertine, Orvieto.
  3. Gérard Bianchi, chanoine de Parme, promu cardinal des