Page:Vicaire - L’Heure enchantée, 1890.djvu/117

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XII


Au ciel qui s’emplit de reflets dorés
Monte, en gazouillant, l’alouette grise.
Avec le matin vole dans la brise,
Vole, mon cœur, vole au delà des prés !

Le baiser revient aux lèvres mi-closes,
Comme l’hirondelle aux toits du château.
La porte d’argent s’ouvrira tantôt ;
Vole, mon cœur, vole au milieu des roses !

L’heure virginale, attendant le jour,
Au creux de sa main boit de la rosée ;
Et puis elle rit comme une épousée.
Vole, mon cœur, vole au jardin d’amour !

Et voici venir, sommeillant encore,
Ses cheveux si blonds sur le ciel tout bleu,
Celle qui prétend qu’elle t’aime un peu.
Vole, mon cœur, vole au fond de l’aurore !