Page:Vicaire - L’Heure enchantée, 1890.djvu/141

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« Fleur de ma gaieté,
Jeunesse ingénue,
Qu’es-tu devenue
Dans la volupté ?

« Toujours l’éphémère
Lueur du désir,
Toujours du plaisir
La saveur amère !

« Et, je le sais bien,
Ma beauté se fane.
Je suis courtisane
Et je n’aime rien ! »

Quelque chose pleure
Dans les instruments :
— « À tes pieds charmants
Veux-tu que je meure ? »

— « Ô menteuses voix,
Tristes ritournelles,
Amours éternelles
Qui durent un mois !

« Ils chantent l’ivresse
De mes yeux fleuris ;
Pas un n’a compris
Mon cœur en détresse. »