Page:Vicaire - L’Heure enchantée, 1890.djvu/150

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Toujours brûlants, jamais lassés
Sous les étreintes qui les pressent,
Apparaissent et disparaissent
Des couples d’amants enlacés.

Un œil brille, une gorge éclate ;
Il passe des mots embrasés ;
On entend le vol des baisers,
Parmi les bouches d’écarlate.

Un chœur chante : « Maudits, maudits
Les yeux tristes, les fronts moroses ;
Le bonheur est parmi les roses,
L’amour est le seul Paradis. »

Le souffle de l’Aurore emporte
Toutes ces âmes de langueur.
Madeleine, le trait au cœur,
Reste blanche comme une morte.

Que lui sert de s’agenouiller ?
Pauvre brebis sans assistance,
Au livre de sa pénitence
Tous les mots semblent se brouiller.

Voici qu’à l’heure où le soir tombe,
Dans la paix du firmament bleu,
Elle revoit l’ange de Dieu
Qui tient en ses mains la colombe.