Page:Vicaire - L’Heure enchantée, 1890.djvu/154

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Partout resplendit l’éternel Matin.
Sur les boutons d’or, la menthe et le thym,

Glisse doucement la troupe bénie
Qui porte en son cœur ta joie infinie,

Le chœur bienheureux, tout de blanc vêtu,
De ceux dont la terre aimait la vertu.

Comme un pâtre assemble, à l’aube fleurie,
Son troupeau qui sort de la bergerie,

Ainsi l’ineffable et divin berger
Mène ses agneaux paître en son verger

Et tous le saluent dans la paix de l’âme,
Lui, le Roi des Rois que l’Aurore acclame,

Qui parle au tonnerre et commande au vent
Et tient en ses mains le soleil levant.

Pareille à l’azur, quand le jour se lève,
Avec ses doux yeux tout fleuris de rêve,

La Vierge adorable est à son côté
Comme un lys au bord d’un lac enchanté ;

Quand elle parait, l’horizon s’éclaire
Et la nuit s’argente afin de lui plaire.

Mais qui vient là-bas par les prés charmants,
Au milieu des voix et des instruments ?