Page:Vicaire - L’Heure enchantée, 1890.djvu/181

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III


Et, tandis qu’au ciel montait l’alouette,
Je courus à toi, timide et joyeux
Je courus à toi, charmeuse aux doux yeux
Couleur de pervenche et de violette.

L’aurore, en sa robe aux mille couleurs,
S’éveillait parmi les blondes feuillées ;
De sa traîne un flot de perles mouillées
Tombait lentement sur la terre en fleurs.

Sur le val fleuri, dans l’herbe fleurie,
Comme un ruban bleu la brume ondulait ;
Par delà les bois, au loin s’envolait,
Dans le grand silence, une sonnerie.

Avec la lumière, au lever du jour,
Égrenez longtemps vos notes légères,
Du frêle bonheur folles messagères,
Cloches de cristal, ô cloches d’amour !

Je suis prisonnier de dame Jeunesse
Et mon cœur bénit sa douce prison ;
Le jardin féerique est mon horizon,
Le seul à jamais que je reconnaisse.