Page:Vicaire - L’Heure enchantée, 1890.djvu/36

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Il s’amuse, en passant, du vol d’un moucheron,
D’un lièvre qui s’enfuit, d’une chèvre qui broute,
D’un bourdon qui bourdonne au cœur d’un liseron.

Des oiseaux chantent. Lui, gravement les écoute.
Il respire les fleurs, il regarde le vent
Faire danser de folles ombres sur la route.

Et c’est ce grand Merlin, brave autant que savant,
Qui tranche deux païens d’un coup de son épée,
Et parle mieux latin qu’un moine en son couvent.


II


De rosée, au matin, la campagne est trempée ;
Une églantine d’or brille à chaque buisson ;
La forêt, de silence, est toute enveloppée.

Merlin, pour marcher mieux, entonne une chanson,
Et voici qu’il arrive auprès d’une fontaine
Que borde joliment un ruban de cresson.

Ô devin sans rival, ô grave capitaine,
Que vois-tu se mirer dans le flot indolent ?
Est-ce le faon timide ou la biche hautaine ?