Page:Vicaire - L’Heure enchantée, 1890.djvu/49

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« Un désir m’est venu… Pas même… oh ! presque rien.
« Vous courroucerez-vous si j’en dis davantage ? »
Et, folâtre, elle met son cœur contre le sien.

— « Doux ami, qu’il fait bon vivre en notre ermitage !
Je suis à vos genoux comme aux genoux d’un roi
Et vous êtes à moi, n’est-ce pas, sans partage.

« Je ne vous cache rien de mes rêves. Pourquoi,
Le soir, parlez-vous seul, sans que je puisse entendre ?
On dirait, à vous voir, que vous doutez de moi.

« S’il vous plaisait pourtant, je saurais bien comprendre…
N’endormiriez-vous pas qui bon vous semblerait ?
Ami, le joli jeu ! le voudrais bien l’apprendre ? »

Merlin docilement lui livre son secret.
Mais la belle : — « Endormir quelqu’un, la belle affaire !
Au premier vent qui passe il se réveillerait.

« Il faudrait qu’en riant à l’ami qu’on préfère
On le rendît, d’un charme, à jamais prisonnier !
Oh ! quel tour amusant ! J’ai rêvé de le faire. »

Jamais son clair regard ne fut si printanier
Et toute l’aurore a passé dans son sourire.
« Accordez-moi ce vœu, maître ; c’est le dernier. »