Page:Vicaire - L’Heure enchantée, 1890.djvu/51

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— « Arrivent les païens ; qu’on apporte mes armes !
Les coups, même la mort, je puis tout endurer ;
Mais comment supporter de voir couler tes larmes ?

« Parle comme autrefois, enfant, viens te mirer,
Toujours insouciante et folle, en ma tendresse.
Je suis trop malheureux quand je te vois pleurer. »

Et Viviane alors l’embrasse et le caresse.
C’est le baiser qu’il a connu, mais plus divin ;
La même flamme encor, avec plus d’allégresse.

— « Peut-être vouliez-vous partir. Oh ! c’est en vain.
Votre amour sur mon front est comme un diadème.
Vous serez à jamais mon maître et mon devin.

« Un signe ; c’est assez. J’obéis, je vous aime.
Je suis à vous, c’est vrai, mais vous m’appartenez.
Regardez-moi sourire et vous ferez de même.

Clairons de la défaite, aux quatre vents sonnez !
Viviane triomphe et Merlin s’abandonne.
Du même rayon rose ils sont illuminés.

— « Mon beau magicien, voyez si je suis bonne.
Je vous ai fait un lit dans l’or de mes cheveux ;
Mais il faut obéir lorsque je vous l’ordonne.