Page:Vicaire - L’Heure enchantée, 1890.djvu/52

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« Il me plaît, à mon tour, d’écouter vos aveux.
Ne suis-je pas l’enfant que vous avez choisie ?
N’êtes-vous pas venu pour accomplir mes vœux ?

« Pourquoi vous rebeller contre ma fantaisie ?
Puisque vous m’adorez, j’ai droit de commander.
C’est moi votre science et votre poésie.

« Ce secret… Mon amour, pourriez-vous le garder ?
Ne suis-je pas votre âme ? — Et Merlin qui succombe
Ne pense qu’à l’entendre et qu’à la regarder.

Oh ! ce bras plus léger qu’une aile de colombe,
Ces yeux étincelants comme le soleil d’août,
Cette blancheur pareille à la neige qui tombe !

Et ces lèvres !… Merlin sent bien qu’il est à bout.
— « Viviane, sans toi, comment pourrais-je vivre ?
Aime-moi seulement et je te dirai tout ! »


IX


Maintenant il chancelle. On croirait qu’il est ivre.
— « Adieu la blanche mer que fendaient mes vaisseaux
Et mon pays Gallois où resplendit le givre.