Page:Vicaire - L’Heure enchantée, 1890.djvu/71

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« Pourquoi donc cet air de souci,
Et dans ses yeux tant de colère ?
Quand je m’ébaudis pour lui plaire,
Qu’a-t-elle donc à rire ainsi ? »

À son cheval qu’il éperonne
Ainsi parle le vieux baron.
Tout blanc, c’est encore un luron.
Il ne pense qu’à sa baronne.

Et hop, et hop, voici le jour.
Partout du rose ; une merveille !
— « Va devant, page, et qu’on éveille
Isoline, la fleur d’amour.

Je veux la voir. Gens de sa suite,
Qu’avez-vous tous ? Éveillez-la. »
« Hélas ! seigneur ! » — « Eh bien ? » — « Voilà.
Notre maîtresse a pris la fuite.

« Elle est sur le vaisseau doré
Avec le prince de Bohême. »
— « Gueux, vous mentez. Celle que j’aime
Ne m’aurait pas déshonoré.

« Isoline est de noble souche.
Qu’on l’aille prendre. Elle m’attend. »
— « Hélas, maître ! — « Eh bien ? » — « En partant,
Tous deux se baisaient sur la bouche.