Page:Vicaire - L’Heure enchantée, 1890.djvu/72

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« Leurs gens battaient du tambourin,
Leurs drapeaux flottaient dans la nue.
Elle riait, à demi nue,
Entre les bras du malandrin. »

Ah ! le vieux baron, comme il jure !
On voit luire ses yeux ardents
Il bat des pieds, grince des dents.
— « Ai-je vécu pour cette injure ?

« Mon Dieu, la honte est sous mon toit ;
Ma vieille gloire est dans la boue.
C’est comme un soufflet sur ma joue.
Chacun va me montrer au doigt.

« Prostituée, infâme, infâme !
A-t-elle un jour manqué de rien ?
J’étais à ses pieds compte un chien.
Lui fallait-il m’arracher l’âme ?

« Pour lui faire un peu de bonheur
J’aurais conquis toute la terre.
Seigneur, ma femme est adultère,
Elle a craché sur mon honneur.

« J’aurais dû dans la chambre haute
Nuit et jour la cadenasser.
Je ne pensais qu’à l’embrasser.
Ah ! je l’aimais trop. C’est ma faute. »