Page:Victoire de Donnissan de La Rochejaquelein - Mémoires de Madame la marquise de La Rochejaquelein, 1889.djvu/14

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AVANT-PROPOS[1]





Je n’ai point voulu faire un livre et n’ai jamais songé à être un auteur ; aussi j’ai besoin de dire comment j’ai été conduite à imprimer mes Mémoires.

Ce fut pendant les tristes loisirs de mon second exil en Espagne que je commençai à écrire les souvenirs de l’époque, encore récente, où j’avais vu et éprouvé tant de malheurs. Je m’animais en les racontant ; ma plume courait rapidement, puis je restais fatiguée et oppressée sous une douleur que j’avais ainsi ravivée. Je passais quelquefois des semaines entières sans avoir le courage de reprendre cette tâche. Je ne pouvais même me décider à relire ce que j’avais écrit. J’ai été ainsi quatre ou cinq ans à les écrire de ma main.

J’avais conduit mon récit jusqu’au passage de la Loire ; plusieurs années après, je le repris, sur les instances de M. de la Rochejaquelein. Je fis copier le premier jet par des amis, je relus l’ouvrage, le corrigeai, le rectifiai, puis M. Beauvais, concierge actuel du château royal à Bordeaux[2], en fit une seconde copie.

  1. Cet avant-propos a été écrit pour la sixième édition, 1848. Une partie avait été supprimée à l’impression.
  2. L’ancien palais archiépiscopal, construit en 1771-1778 par le prince de Rohan-Guémenée et devenu résidence impériale, puis château royal. C’est depuis 1835 l’hôtel de ville.