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iËNÉSlDÈME. — HÉRAGLITÉISME. 375

un mobile change de lieu , soit en entier, soit en partie : en en* tier, comme les êtres qui tournent ou qui se promènent; en partie, comme la main qui s'étend ou se ferme, comme les par- ties d une sphère qui tourne autour de son centre ; car, tandis que la sphère demeure au même endroit, les parties changent de place. »

Enfin iEnésidème a une opinion arrêtée sur la nature de f âme. Il sait que la raison [Stdlvoia) n'est pas enfermée dans le corps : elle est en dehors ^^l D'ailleurs, elle ne se distingue pas des sens : elle aperçoit les choses au moyen des sens, comme à travers des ouvertures. Sans doute , il faut rapprocher cette doc* trine de celle qui est ailleurs ^^^ attribuée h Heraclite par Sextus et suivant laquelle nous aspirons en quelque sorte la raison qui est répandue à travers le monde. Cette raison commune est le critérium de la vérité. Ainsi encore, d'après iËnésidème ^^^ c'est par l'aspiration de l'air chaud que l'enfant après sa naissance acquiert la force vitale.

C'est probablement à cette théorie qu'il faut rattacher l'opi- nion d'iËnésidème sur les notions communes. «Les partisans d'iEnésidème , dit Sextus, d'Heraclite et d'Epicure, ayant la

^') Sext, AI., Vil, 3^9 : Oî èè elvat (tiv (rijp StdpotoLv) iXeÇap, otfx èv t^ ovt^ èè rôvtp weptéxjBoôai , dXX* oi ^lèv ixràs rov a(û\ULtos, m liîvrtoièii\u)s xAtà Hpd- «Aerroy. ... 35o : o2 Se otJn^v elvai Tàf aioBi^trets, xoOehrep itd rtvofp â-nSp r&w aioOnTiipi«9V 'Upoxfi'K^ovoav, ?is aldaecût ^pfe Xrpdrwf re 6 ^ffixès xaâ Aimiai-

<*) Af., VII, lag : Tovtov 3è xèv Q-éiov X6yov xaB* tipdxXenop Si' dvawpoiff aitdiMvret voepol ytv6fu$a. Contre Hinel, et avec Diels et Natorp (393), noas pen- floos que ce passage sur Heraclite est emprunté par Sextus à JEnésidème iui-méine. Les raisons pour lesquelles Hirzel croit devoir attribuer tout le développement de Sextus (VII, 89-1 /îi) à un historien dogmatique, semblent bien conjecturales et subtiles : Natorp les a bien réfutées.

(') Tertul., De ontm., 35 : « Isti qui pnesumuut non in utero concipi animam . . • sed efiîiso partu nondum vivo infanti extrinsecus imprimi, . . . (camem) editam et de uteri fomace fumantem et calore solutam, ut ferrum ignitum, et ibidem fri- gide immersum, ita aeris rigore percussam et vim animalem rapere et vocalem sonum edere. Hoc stoici cum /Ënesidemo.» On remarquera Paccord d'iEnésidème avec les stoïciens. Zeiler signale en outre plusieurs pints où le même accord se produit : Tair confondu avec le feu, le temps considéré comme Tessence des choses, remploi du mot oCaiat, etc. (p. 33).

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