Page:Villiers de L’Isle-Adam - Axël, 1890.djvu/173

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valeurs dont vous parlez seraient, depuis longtemps, en mains légales. On oublie qu’ici, moi seul ai le droit d’accuser ! — Or, l’État — si ces personnages en furent les mandataires — est solidaire de cette action. Par suite, sa Probité (qu’ils représentaient) gît, morte, parjure et vaine ! annulée, enfin ! à mon seuil… Il est donc assez légitime que les liens de mes devoirs envers cet être de raison, — limités à ce calomnieux homicide dont il ne saurait me dédommager, — se soient quelque peu détendus. — C’est pourquoi la reconnaissance que prétendrait encore m’inspirer ou m’imposer l’engeance des meurtriers ne contraint guère ma conscience, je trouve, de consacrer… ne fût-ce qu’un instant de loisir… à rédiger des « avis » de nature à réparer, pour la joie des consorts, la maladresse du crime.


Le Commandeur, tranquille

Quoi ! ne serait-ce pas une haute occasion pour vous, au contraire, d’actionner l’État lui-même, en lui signifiant la très spécieuse éventualité qui se présente ? Cette occasion, pour quel motif la laissez-vous échapper ?


Axël, toujours d’un ton bref et glacé

L’État, — qui m’a donné, ici, de déconcertants exemples, — s’étant permis, toujours à mon