Page:Villiers de L’Isle-Adam - Le Nouveau-Monde, 1880.djvu/29

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LE NOUVEAU-MONDE 11 Lady Cecil , tressaillant, étonnée et la regardant ... de Vaudreuil, dis-tu ?... Mais — c’est le nom que porte, depuis plusieurs siècles, une branche de notre famille réfu- giée en France pendant les guerres de religion. Mary, souriante Je ne dis pas non. Lady Cecil La marquise de Vaudreuil était en correspondance avec ma mère, et nous parlait souvent de son fils unique, l’un des plus loyaux gentilshommes de France, disait-elle... Mary Mais... il mérite bien sa renommée ! — Je descendis aux jardins. Tu comprends, il eût été impoli de refuser, puis- qu’il nous était parent. Il vint à ma rencontre avec une bonne grâce parfaite — et, l’ayant regardé, je le trouvai char- mant ! Lady Cecil En vérité, Mary ?... A part. Mon Dieu ! S’il se pouvait ! Mary Oh ! si tu savais ! Une mine aventureuse et intrépide, mais un regard doux et sincère ! Un air de grand sei- gneur ; une simplicité !... Bref, il fit ma conquête, à l’ins- tant même, je dois le dire. — Et depuis... (Elle baisse les yeux gravement. Un silence. Puis, plus vite.) Tous les soirs, il vient là, sous le balcon, pour échanger, avec moi, seulement quel- ques paroles. Je ne puis m’y refuser ; je sens que c’est un cœur ami ! Lady Cecil, l'embrassant Je vous fais présent de ma plus belle parure de pierreries pour votre corbeille, madame.