Page:Villiers de L’Isle-Adam - Le Nouveau-Monde, 1880.djvu/30

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12 ACTE PREMIER Mary Moi ? — Quelle apparence ?... Tu exagères toujours ! — Je crois, cependant, qu’il ne me trouve point trop déplaisante... J’ai voulu être très-mystérieuse, c’était plus amusant ! Je ne lui ai pas dit qui nous sommes. Mais lui !... oh ! il m’a ra- conté toute son histoire !— Si lu savais ! quelles aventures... Il m’a parlé, ensuite, de sa mère, de sa sœur, qui sont res- tées dans son pays. Comme il les aime ! Et puis, il com- mande une compagnie franche : c’est très-fier, n’est-ce pas ? Lady CECIL, assombrie Il part ?... Mary, avec un soupir Mon Dieu, oui !... ce soir. Aussi m’a-t-il demandé (oh ! d’une manière tout à fait simple et touchante) quelque chose, un talisman, — ce petit anneau, tiens, pour lui por- ter bonheur. — Un anneau, c’est grave, et j’ai différé, vou- lant te consulter, toi, ma seule parente, ma belle tutrice, ma jeune mère !... Me permets-tu ? — Ce n’est point mal, n’est-ce pas ? Il va si loin ! il part si vite ! Lady CECIL, après un instant Puisqu’il est de notre maison et digne d’elle, puisque tu ressens de lui une aussi bonne impression... l’innocence est clairvoyante. (Mary fait un mouvement de joie.) De sorte que c’est lui qui t’a répondu, tout à l’heure, dans la barque ? MARY, baissant les yeux Dame, j’ai cru reconnaître sa voix ; sans cela... Lady Cecil Et comment vas-tu faire pour lui donner la bague, à pré- sent ? — Je ne suppose pas que tu veuilles la lui envoyer par l’entremise de Dick ou par un de nos petits pages ?