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LA CITÉ DE CARCASSONNE.

on ne peut franchir la seconde entrée qu’en se détournant à angle droit. Cette poterne ne pouvait donc servir qu’aux gens de pied. Chacune des deux baies est munie d’une herse, de machicoulis et de vantaux. Un puits dessert les lices et le premier étage, qui contient en outre un four. La première herse était manœuvrée de la salle du premier étage, la deuxième du chemin de ronde, comme à la porte Narbonnaise. Le crénelage supérieur s’élève sur une plate-forme propre à recevoir un engin de défense (mangonneau) et possède une guette, car ce point est un des plus élevés de la cité. Le crénelage inférieur (car la défense de couronnement est double) est flanqué par des échauguettes qui montent de fond.

Toujours en se dirigeant vers l’est, on arrive à peu de distance de la tour Saint-Nazaire à la tour nº 44, dite Saint-Martin, qui semble avoir été élevée à proximité de la tour nº 43 à dessein, pour masquer et battre la poterne à très-petite portée. Cette tour est renforcée, comme les tours 41 et 42 et comme celles de la porte Narbonnaise, par un bec saillant dont nous avons expliqué l’utilité. Elle contient deux étages voûtés, deux étages sous plancher, comme la tour nº 41, et se dégage au-dessus du chemin de ronde qui tourne autour d’elle du côté de la ville.

À partir de ce point de l’enceinte intérieure, nous voyons reparaître, dans les parties inférieures des courtines et tours, les restes des remparts visigoths jusqu’à la tour nº 53, dite de Saint-Sernin, à côté de la porte Narbonnaise.

Les tours nos 45, 46, 47, 49, 50, 52 et 53 sont bâties sur les fondations des tours primitives et sont d’un diamètre plus faible que les tours du xiiie siècle. Seule, la tour nº 48 a été reconstruite entièrement par Philippe le Hardi. Aussi présente-t-elle à l’extérieur un bec saillant, et l’épaisseur de sa