Page:Voltaire - Œuvres complètes Garnier tome12.djvu/50

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C’était une occasion bien favorable pour l’Angleterre de recouvrer ses patrimoines de France, et ce que les traités lui avaient donné. Henri V, prince rempli de prudence et de courage, négocie et arme à la fois. Il descend en Normandie avec une armée de près de cinquante mille hommes. Il prend Harfleur, et s’avance dans un pays désolé par les factions ; mais une dyssenterie contagieuse fait périr les trois quarts de son armée. Cette grande invasion réunit cependant contre l’Anglais tous les partis. Le Bourguignon même, quoiqu’il traitât déjà secrètement avec le roi d’Angleterre, envoie cinq cents hommes d’armes et quelques arbalétriers au secours de sa patrie. Toute la noblesse monte à cheval ; les communes marchent sous leurs bannières. Le connétable d’Albret se trouva bientôt à la tête de plus de soixante mille