Page:Voltaire - Œuvres complètes Garnier tome12.djvu/577

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a parlé Briquesière m’a fait de méchants tours que j’ai sus et avérés depuis deux jours. Je finis là, allant montera cheval ; je te baise, ma chère maîtresse, un million de fois les mains.

Ce 17 mars.



Variantes de l’édition de Kehl.


a J’arrivai hier au soir au lieu de Pons. — b Dans. — c À l’entour.d Qu’il n’y en a plus qu’une à voir.e C’est un beau sujet que notre misère pour. — f Jeter ce froc.


CINQUIÈME LETTRE.


Dieu sait quel regret ce m’est de partir d’ici sans vous aller baiser les mains ; certes, mon cœur, j’en suis au grabat. Vous trouverez étrange (et direz que je ne me suis point trompé) ce que Lyceran vous dira. Le diable est déchaîné, je suis à plaindre, et c’est merveille que je ne succombe sous le faix. Si je n’étais huguenot, je me ferais turc. Ah ! les violentes épreuves par où l’on sonde ma cervelle ! je ne puis faillir d’être bientôt un fol ou habile hommea ; cette année sera ma pierre de touche ; c’est un mal bien douloureux que le domestique. Toutes les géhennes queb peut recevoir un esprit sont sans cesse exercées sur le mien, je dis toutes ensemble. Plaignez-moi, mon âme, et n’y portez point votre espèce de tourment ; c’est celui que j’appréhende le plus. Je pars vendredi, et vais à Clayrac : je retiendrai votre précepte de me taire. Croyez que rien qu’un manquement d’amitié ne me peut faire changer la résolution que j’ai d’être éternellement à vous, non toujours esclave, mais oui bien forçatc. Mon tout, aimez-moi ; votre bonne grâce est l’appui de mon esprit au choc de mon afflictiond; ne me refuse ce soutien. Bonsoir, mon âme ; je te baise les pieds un million de fois.

De Nérac, lee 8 mars, à minuit.



Variantes.


a Bientôt ou fou ou habile homme. — b Toutes les peines.c Mais oui bien forcere.d Au choc des afflictions.e Ce.