Page:Voltaire - Œuvres complètes Garnier tome16.djvu/606

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Ladoga. Il s’agissait de faire communiquer la Néva à une autre rivière navigable, pour amener facilement les marchandises à Pétersbourg, sans faire un grand détour par le lac Ladoga, trop sujet aux tempêtes, et souvent impraticable pour les barques ; il nivela lui-même le terrain ; on conserve encore les instruments dont il se servit pour ouvrir la terre et la voiturer ; cet exemple fut suivi de toute sa cour, et hâta un ouvrage qu’on regardait comme impossible : il a été achevé après sa mort, car aucune de ses entreprises reconnues possibles n’a été abandonnée.

Le grand canal de Cronstadt, qu’on met aisément à sec, et dans lequel on carène et on radoube les vaisseaux de guerre, fut aussi commencé dans le temps même des procédures contre son fils.

Il bâtit, cette même année, la ville neuve de Ladoga. Bientôt après il tira ce canal qui joint la mer Caspienne au golfe de Finlande et à l’Océan ; d’abord les eaux des deux rivières qu’il fit communiquer reçoivent les barques qui ont remonté le Volga : de ces rivières on passe par un autre canal dans le lac d’Ilmen ; on entre ensuite dans le canal de Ladoga, où les marchandises peuvent être transportées par la grande mer dans toutes les parties du monde.

Occupé de ces travaux qui s’exécutaient sous ses yeux, il portait ses soins jusqu’au Kamtschatka, à l’extrémité de l’Orient, et il fit bâtir deux forts dans ce pays si longtemps inconnu au reste du monde. Cependant des ingénieurs de son académie de marine, établie en 1715, marchaient déjà dans tout l’empire pour lever des cartes exactes, et pour mettre sous les yeux de tous les hommes cette vaste étendue des contrées qu’il avait policées et enrichies.


CHAPITRE XII.
DU COMMERCE.

Le commerce extérieur était presque tombé entièrement avant lui ; il le fit renaître. On sait assez que le commerce a changé plusieurs fois son cours dans le monde. La Russie méridionale était, avant Tamerlan, l’entrepôt de la Grèce, et même des Indes ; les Génois étaient les principaux facteurs. Le Tanaïs et le Borysthène étaient chargés des productions de l’Asie. Mais lorsque