Page:Voltaire - Œuvres complètes Garnier tome16.djvu/646

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


rages nécessaires aux troupes de Sa Majesté czarienne, jusqu’à ce que ledit duché soit entièrement évacué, sur le même pied que cela s’est pratiqué jusqu’ici ; et l’on défendra et inhibera, sous des peines très-rigoureuses, d’enlever à leur délogement aucuns ministres ni paysans de la nation finlandaise, malgré eux, ni de leur faire aucun tort. Outre cela, on laissera toutes les forteresses et châteaux de Finlande dans le même état où ils sont à présent ; mais il sera permis à Sa Majesté czarienne de faire emporter, en évacuant ledit pays et places, tout le gros et petit canon, leurs attirails, magasins et autres munitions de guerre que Sa Majesté czarienne y a fait transporter, de quelque nom que ce soit. Pour cette fin, et pour le transport du bagage de l’armée, les habitants fourniront gratis les chevaux et les chariots nécessaires jusqu’aux frontières. Même, si l’on ne pouvait pas exécuter tout cela dans le terme stipulé, et qu’on fût obligé d’en laisser une partie en arrière, elle sera bien gardée et remise ensuite à ceux qui sont autorisés de Sa Majesté czarienne, dans quelque temps qu’elle le souhaite, et on fera aussi transporter ladite partie jusqu’aux frontières. En cas que les troupes de Sa Majesté czarienne aient trouvé et envoyé hors du pays quelques archives et papiers touchant le grand-duché de Finlande, elle en fera faire une exacte recherche, et fera rendre de bonne foi ce qui s’en trouvera à ceux qui sont autorisés de Sa Majesté le roi de Suède.

XIV. Tous les prisonniers, de part et d’autre, de quelque nation, condition et état qu’ils soient, seront élargis immédiatement après la ratification de ce traité de paix, sans payer aucune rançon ; mais il faut qu’un chacun ait auparavant acquitté les dettes qu’il a contractées, ou qu’il donne caution suffisante pour le payement d’icelles. On leur fournira gratis, de part et d’autre, les chevaux et les chariots nécessaires, dans le temps fixé pour leur départ, à proportion de la distance des places où ils se trouvent actuellement, jusqu’aux frontières. Touchant les prisonniers qui ont embrassé le parti de l’un ou de l’autre, ou qui ont dessein de rester dans les États de l’une ou de l’autre partie, ils auront indifféremment cette permission-là. Ceci s’entend aussi de tous ceux qui ont été enlevés, de part et d’autre, pendant cette guerre, lesquels pourront aussi, ou rester où ils sont, ou retourner chez eux, excepté ceux qui ont, de leur propre mouvement, embrassé la religion grecque, Sa Majesté czarienne le voulant ainsi ; pour laquelle fin les deux parties pacifiantes feront publier et afficher des édits dans leurs États.

XV. Sa Majesté le roi et la république de Pologne, comme alliés de Sa Majesté czarienne, sont compris expressément dans cette paix, et on leur réserve l’accès tout de même comme si le traité de paix à renouveler entre eux et la couronne de Suède eût été inséré ici de mot à mot. Pour cette fin, cesseront toutes les hostilités, de quelque nom qu’elles soient, partout et dans tous les royaumes, pays et domaines, qui appartiennent aux deux parties pacifiantes, et qui sont situés tant dans l’empire romain que hors de l’empire romain, et il y aura une paix stable et durable entre les susdites deux couronnes. Et comme aucun ministre plénipotentiaire de la part de Sa Majesté et la république de Pologne n’a assisté au congrès de paix qui s’est