Page:Voltaire - Œuvres complètes Garnier tome28.djvu/431

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L'ÉQUIVOQUE

��Parlements du royaume ! Je citoyen qui vous parle n'est ni homme de cour, ni homme de robe, ni d'aucun parti. Il aime sa patrie et la vérité, et si on vous dit jamais qu il ait accepté une place, qu'il ait sollicité la moindre faveur du ministère, regardez- le comme un homme indigne de vous parler, et faites-lui son procès comme à un coupable.

Vous êtes chargés de rendre la justice aux peu[)les ; commencez par la rendre à vous-mêmes.

La Cour du banc du roi en Angleterre, la Chambre impériale en Allemagne-, la Rota dans Rome, les Audiences en Espagne, le Cadi en Turquie, ne gouvernent point l'État, ne représentent point la nation, ne sont les tuteurs ni des rois, ni des empereurs, ni des souverains qui régnent aujourd'hui dans Rome.

Permettez-moi, quand vous faites des remontrances dont le droit vous est accordé, de vous remontrer qu'il n'y a sur le globe entier aucune cour de judicalure qui ait jamais tenté de partager la puissance souveraine.

Une équivoque a produit le [roiil)le où nous sommes. Ce moî de parlement, qui signifie, eu Angleterre, états généraux, vous a pu faire penser que vous représentiez les états généraux de la France^; ou du moins vous avez agi comme si vous le pensiez, ou comme si vous en étiez l'ombre. Cette ambition est naturelle ; elle est ])ardonnable à des corps dont plusieurs membres se- raient, en effet, dignes de représenter la nation, et de soutenir ses droits.

iMais, au nom de la vérité, voyez qui vous êtes.

Le parlement de Paris est une compagnie très-respectable,

1. C'est d'après l'indication de Decroix, l'un des éditeurs de l'édition de Kehl, que j'admets dans les Œuvres de Voltaire cette pièce, dont il m'est impossible de préciser la date, mais qui certainement est de 1771. (B.)

2. Voyez tome W, page 456.

3. Voyez tome XV, page 457.

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