Page:Wailly – La Folle ou Le Testament d’une Anglaise, 1827.djvu/12

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SMITH.

Elle, qui semblait encore hier partager toute ma joie… Pour le coup, explique les femmes qui voudra, je n’y comprends plus rien.


CALEB.

Eh, monsieur ! à qui le dites-vous ?… moi qui vous parle, je n’y ai jamais rien compris ; je touche pourtant à la soixantaine ; eh bien ! c’est singulier, plus je vais, moins j’y comprends… À propos, monsieur, miss Anna m’a chargé de vous remettre bien poliment votre congé.


SMITH.

Allons donc… c’est une plaisanterie sans doute.


CALEB, lui remettant la lettre.

Une plaisanterie ! cela ? Non, monsieur, c’est une lettre, et des plus claires encore ; si vous voulez prendre la peine…


SMITH, lisant la lettre.

« Mon cher Williams, des circonstances qu’il m’est impossible de vous expliquer aujourd’hui me mettent dans la nécessité d’ajourner indéfiniment notre union. Si j’ai quelque crédit sur vous, vous suspendrez vos visites au château de Derby, et vous attendrez à Édimbourg l’instant où je pourrai vous rappeler auprès de moi… Anna Derby… » C’est clair !


CALEB.

Et ce moment n’est pas sur le point d’arriver, je vous en réponds, foi de Caleb ; car si ma maîtresse veut mettre des formes dans le congé qu’elle vous donne, je ne vois pas pourquoi, moi, qui ai de l’estime pour vous, je vous laisserais plus long-temps dans l’erreur… C’est un mariage