Page:Wailly – La Folle ou Le Testament d’une Anglaise, 1827.djvu/14

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CALEB.

Et madame la comtesse, tant qu’elle a vécu, soutenait ici l’honneur de la famille, en y mangeant noblement le reste de sa fortune, tandis que son mari, comme un brave et digne gentilhomme, mourait sur la paille, à la cour de Saint-Germain-en-Laye, dans un grenier ; rien que cela, monsieur, pas davantage : que diable, il faut être de bon compte aussi, ces choses-là ne se trouvent pas toujours dans une famille.


SMITH.

Heureusement ! Mais qui a pu faire entrer une pareille pensée dans la tête de miss Anna ? c’est toi peut-être avec tes idées subalternes d’aristocratie.


CALEB.

Moi, monsieur, faire prendre à ma maîtresse une semblable résolution… Ce n’est pas pourtant que si j’avais pu y contribuer, je ne dis pas… vous entendez bien… mais il n’y a pas eu besoin de cela.


SMITH.

Ce n’est pas non plus miss Cécile ; l’infortunée, victime des persécutions de sa belle-mère, privée de la raison depuis l’âge de quinze ans, elle vit étrangère aux événemens qui l’entourent, aussi incapable de haïr que d’aimer. Personne, au moins pas un étranger, n’a vu miss Anna depuis hier ?


CALEB.

Personne, monsieur.


SMITH.

Et c’est par une idée venue d’elle seule, que miss Anna me chasse de chez elle !… Quand je dis de chez elle, je