Page:Wailly – La Folle ou Le Testament d’une Anglaise, 1827.djvu/24

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ment dans la chambre de sa victime, lui annonça qu’une chaise de poste était prête, et qu’il fallait partir sur le champ pour un couvent de France. Tremblante, tout en pleurs, Cécile se jeta aux genoux de la comtesse, en implorant sa pitié ; mais celle-ci, au lieu de se laisser attendrir, la repoussa rudement, et fit un signe à ses domestiques, qui s’avancèrent pour l’entraîner.


ARTHUR.

Grand dieu !


CALEB.

Alors Cécile, dont l’esprit, affaibli déjà par tant de persécutions, venait encore d’être frappé par la mort de son frère, tué en duel presque sous ses yeux, exaspérée par un abus d’autorité si révoltant, sur le point d’être arrachée par la violence au toit paternel, saisie d’une terreur subite, tomba dans des convulsions qui faillirent lui coûter la vie… Quand elle revint à elle, ses larmes ne coulaient plus, son regard était fixe, et l’immobilité répandue sur son visage annonçait l’égarement de sa raison. Depuis ce temps, elle a perdu la mémoire : étrangère à tout ce qui se passe, prononçant au hasard des paroles sans suite, elle ne voit rien, n’entend rien, ne reconnaît personne, excepté miss Anna, qui l’aime comme une mère, et moi, son vieux Caleb, qui ne la quitterai jamais.


ARTHUR, lui donnant la main.

Tu es un brave serviteur, mon bon Caleb, ma tante m’a plus d’une fois parlé de ton attachement à la famille… Mais, dis-moi, n’est-il aucun espoir de guérison ?


CALEB.

Hélas ! milord, notre bon voisin, le respectable doc-