Page:Wailly – La Folle ou Le Testament d’une Anglaise, 1827.djvu/36

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ANNA.

Je vous expliquerai tout, revenez demain, après demain, quand vous voudrez ; mais aujourd’hui je vous en conjure, allez-vous-en !


WILLIAMS.

Que je m’en aille ? pour laisser le champ libre à votre cousin Arthur, n’est-ce pas ?


ANNA.

Mon cousin ? qui vous a dit ?…


WILLIAMS.

Oui ; ce nouveau débarqué d’hier soir : vous voyez, miss, il n’est plus temps de dissimuler. Je sais tout ; j’ai mis mes gens en campagne, c’est pour lui que vous me chassez.


ANNA.

Williams !


WILLIAMS.

Moi ! votre plus ancien ami, qui croyais à votre amour comme à ma signature, c’est une indignité !


ANNA.

Écoutez-moi !


WILLIAMS.

Après les marques d’attachement que je vous ai données, après tout ce que j’ai fait pour vous !


ANNA.

Ah ! c’est trop ! arrêtez, monsieur ; que vous me traitiez de coquette, de perfide, les apparences sont contre moi : je puis supporter vos injures ; mais m’entendre reprocher vos bienfaits, c’est un outrage que je n’attendais pas de vous.