Page:Wailly – La Folle ou Le Testament d’une Anglaise, 1827.djvu/61

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Scène III.

CALEB, CÉCILE.


(Cécile s’avance lentement, elle paraît plongée dans de profondes réflexions.)

CALEB, l’examinant.

Eh mais ! qu’a-t-elle donc ? Que veut dire cet air sérieux ? elle n’a pas coutume de rêver ainsi… La voilà plongée dans des réflexions… on dirait vraiment… Miss Cécile…


CÉCILE, vivement comme sortant d’une rêverie.

Eh bien ! que me veut-on ? pourquoi m’interrompre ? qu’est-ce ?… Ah ! pourquoi m’as-tu parlé… j’étais si calme… si heureuse… Ce que j’éprouvais est singulier… je ne l’avais pas senti jusqu’à présent… il m’a semblé que je rêvais… Je suis bien éveillée pourtant… n’est-ce pas, Caleb, que je suis bien éveillée… Cependant je voyais passer devant mes yeux… ou plutôt… non… c’était dans ma tête une suite d’images qui se succédaient tout naturellement, et qui me causaient un bonheur doux et tranquille. Mon Dieu ! que j’étais heureuse !… Dis-moi, Caleb, as-tu quelquefois éprouvé ce bonheur ?


CALEB.

Comment donc, miss, mais très-souvent… (à part.) il faut bien dire comme elle ; mais le diable m’emporte si je comprends un mot…


CÉCILE, brusquement.

Ah ! mon Dieu !