Page:Wailly – La Folle ou Le Testament d’une Anglaise, 1827.djvu/64

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ANNA.

Ma chère Cécile…


CÉCILE.

Il faut prendre un parti… un parti violent… mais il le faut.


ANNA.

Je tremble ! faut-il espérer, faut-il craindre ?…


CÉCILE.

Vous n’avez rien à craindre, vous dis-je ! mais au nom du ciel ne m’interrompez pas… Oui… c’est juste… oh ! non… cependant… (très-vivement.) Mais taisez-vous donc, taisez-vous donc ! c’est insupportable. Vous me gênez, j’ai besoin d’être seule ; je vais m’enfermer dans ma chambre… Quelle persécution ! Ne me suivez pas. (se retournant vers Anna.) Restez, restez ici… je veux réfléchir… seule… oui, je le veux, je le veux absolument.

(Elle sort.)

ANNA.

Le docteur aurait-il dit vrai ! Ce duel aurait-il pu produire sur son esprit assez d’impression… Quand je pense qu’ils se sont battus tous deux… maintenant je n’en puis plus douter… Arthur est amoureux de moi… Singulière position ! Aimer Williams sans pouvoir lui donner ma main ; ne pas aimer Arthur sans pouvoir le refuser. Si je le refuse, grâce à ce testament bizarre, je le ruine… Comment sortir d’embarras… On vient… Ciel ! Williams.