Page:Wailly – La Folle ou Le Testament d’une Anglaise, 1827.djvu/65

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Scène V.

ANNA, WILLIAMS.



ANNA, vivement.

Ah ! grand Dieu ! que venez-vous faire ici ! après la scène qui s’est passée… Si mon cousin vous rencontrait…


WILLIAMS.

Rassurez-vous, miss, je n’y serai pas long-temps.


ANNA.

Ah ! Williams, pouvez-vous croire ?…


WILLIAMS.

Laissez, miss, laissez. Vous n’avez pas besoin de vous justifier… Je ne viens point vous faire des reproches. Si je ne vous plais pas, c’est ma faute, et non la vôtre. Vous êtes jolie, spirituelle… Il se présente un jeune homme aimable, élégant, brave… Car, s’il est mon rival, ce n’est pas une raison pour ne pas lui rendre justice. Moi, je suis brusque, emporté, sans usage… J’ai beaucoup d’amour, et peu d’amabilité… Vous deviez préférer le grand seigneur au marchand : c’est dans l’ordre… Peut-être l’avenir vous prouvera-t-il que Williams Smith, avec toute sa brusquerie, vous aimait mieux que lord Arthur avec toute sa politesse… Je ne le souhaite pas, cependant… Puissiez-vous vivre heureuse… C’est le dernier vœu que je forme. Demain, je pars pour Londres.


ANNA.

Se peut-il ! Vous me quittez ?…


WILLIAMS.

Mais, avant de partir, nous avions quelques affaires