Page:Walpole - Le chateau d'Otrante, partie 1, trad Eidous, 1767.djvu/79

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D’OTRANTE.

votre fidelle Blanche, & que maintenant que vous voilà grande Princeſſe, vous ne donnerez point la préférence à Donna Roſara. Ma pauvre Blanche, lui dit Mathilde, il faut avouer que tu es fertile en conjectures ! Moi une grande Princeſſe ! Qu’as-tu vu dans la conduite de Manfred depuis la mort de mon frère, qui me promette plus de tendreſſe de ſa part qu’il n’en a eu juſqu’ici ? Non, Blanche, il ne m’a jamais aimée… Mais il eſt mon père, & il ne me convient pas de me plaindre. Mais ce qui me conſole eſt, que le Ciel me dédommage de ſa dureté, par la tendreſſe que ma mère a pour moi… Oh qu’elle m’eſt chère ! Oui, Blanche, c’eſt par rapport à elle que je gémis de la dureté de Manfred. Je la ſupporte avec patience tant qu’elle n’a que moi pour objet ; mais je ne puis voir ſans douleur celle dont il uſe envers ma mère. Madame, reprit Blanche, tous les maris en uſent ainſi