Page:Walpole - Le chateau d'Otrante, partie 1, trad Eidous, 1767.djvu/80

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LE CHATEAU

avec leurs femmes lorſqu’ils en ſont las… Et cependant, lui dit Mathilde, vous me félicitez de ce que mon père veut diſpoſer de moi. Qu’il en ſoit ce qui pourra, je ſerai ravie de vous voir grande Dame, plutôt que dans un Couvent, où vous ſeriez déjà, ſi vous en étiez la maîtreſſe, & ſi Madame votre mère, qui ſait qu’il vaut mieux avoir un mauvais mari que de n’en avoir point du tout, ne vous en empêchoit… Bon Dieu ! quel bruit entends-je ! Pardonnez-moi Saint Nicolas ! j’ai voulu badiner. C’eſt le vent, reprit Mathilde, qui ſouffle dans les créneaux de la tour : vous l’avez déjà oui mille fois. Cela eſt vrai, dit Blanche, & il n’y a pas de mal non plus dans ce que je dis : ce n’eſt point un péché que de ſonger au mariage… Si bien donc, Madame, continua-t-elle, que ſi Monſeigneur Manfred vous offroit pour époux un Prince jeune, beau & bien fait, vous auriez aſſez peu de