Page:Walpole - Le chateau d'Otrante, partie 1, trad Eidous, 1767.djvu/96

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LE CHATEAU

votre père. Je ne doute point qu’il n’ait quelque taliſman ſur lui… Vous trouvez de la magie par-tout, lui dit Mathilde… Mais un homme qui a commerce avec les Eſprits infernaux, n’a pas coutume de faire uſage de ces mots ſaints & reſpectétables dont il s’eſt ſervi. N’as-tu pas obſervé avec quelle ferveur il m’a promis de ſe reſſouvenir de moi dans ſes prières ?… Oui, Iſabelle étoit ſûrement perſuadée de ſa piété. Comptez ſur la piété d’un jeune homme & d’une jeune fille qui ont deſſein de s’enfuir enſemble, dit Blanche. Non, non, Madame, Iſabelle eſt toute autre que vous ne la croyez. Il eſt vrai que lorſqu’elle étoit avec vous, elle ſoupiroit & levoit les yeux au Ciel, parce qu’elle vous connoît pour une ſainte ; mais vous n’aviez pas plutôt le dos tourné… Vous lui faites tort, reprit Mathilde, Iſabelle n’eſt point hypocrite : elle a de la dévotion, mais elle n’affecte jamais