Page:Walras - Théorie mathématique de la richesse sociale.djvu/10

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tiqué. Voici plusieurs années que je travaille de mon côté à élaborer l’économie politique pure comme une science naturelle et mathématique. J’y suis parvenu en me fondant sur d’autres principes économiques et en recourant à d’autres procédés mathématiques que M. Cournot. Il part du monopole pour arriver à la concurrence indéfinie, et je crois préférable de partir de la concurrence indéfinie, qui est le cas général, pour arriver au monopole, qui est un cas particulier. Il emploie couramment le calcul infinitésimal, et j’ai réussi à ne recourir, au moins pour établir la base de ma théorie, qu’aux formules élémentaires de la géométrie analytique. Ainsi, nos recherches ne se confondent point et je crois pouvoir dire que je ne lui ai rien emprunté que sa méthode ; mais cela seul est déjà beaucoup, et j’ai tenu à mentionner l’auteur d’une tentative remarquable sur laquelle je répète qu’aucun jugement n’a été porté et à. laquelle, par conséquent, j’oserai dire que justice n’a pas été rendue.



II
Échange de deux marchandises entre elles.


Des deux problèmes en lesquels j’ai résumé l’économie politique pure, j’aborderai seulement le premier ; encore ne veux-je pas exposer la théorie mathématique de l’échange, mais seulement le principe sur lequel elle repose. La méthode la plus ordinaire nous commande d’étudier l’échange de deux marchandises avant d’étudier l’échange d’un nombre quelconque de marchandises entre elles. Il est certain d’ailleurs que, par l’intervention du numéraire et de la monnaie, le second cas se ramène en partie au premier. Prenons donc deux marchandises quelconques que nous pourrons supposer être l’avoine et le blé, ou que même nous désignerons plus abstraitement encore par (A) et (B). Et figurons-nous un marché sur lequel arrivent d’un coté des gens qui ont de la marchandise (A) et qui sont disposés a en donner une partie pour se procurer de la marchandise (B), et d’un autre coté des gens qui ont de la marchandise (B) et qui sont disposés a en donner une partie pour se procurer de la marchandise (A). Il arrivera, je suppose, que cette avoine et ce blé, ou cet (A) et ce (B), s’échangeront finalement dans la proportion de 2 contre 1, autrement dit que le prix de (A) en