Page:Walter - Voyage autour du monde fait dans les années 1740, 1, 2, 3, 4, 1749.djvu/208

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de jour, avec peu de variation. Cela étant, ceux qui font fréquemment usage de Thermomètres, ne disconviendront pas que ce degré de chaleur, continué longtems, ne passe chez la plupart des hommes pour suffoquant. Or comme à Pétersbourg le Thermomètre indique rarement une chaleur plus grande que celle qui a lieu à Ste. Catherine, cependant comme dans d’autres tems le froid est beaucoup plus grand, la chaleur moyenne pour une année, ou même seulement pour une saison, sera fort au dessous de 66°. Car je trouve que la variation du Thermomètre à Pétersbourg est au moins cinq fois plus grande entre les deux divisions les plus éloignées, que celle que j’ai supposé avoir lieu à Ste. Catherine.

Mais outre cette manière d’estimer la chaleur d’un endroit, en prenant pour quelques mois la chaleur moyenne, il y a, si je ne me trompe, une cause, dont aucun Auteur, que je sache, n’a fait mention, qui doit augmenter la chaleur apparente des plus chauds Climats, et diminuer celle des Climats les plus froids. Pour m’expliquer plus clairement sur cet article, j’observerai, que la mesure de la chaleur absolue, indiquée par le Thermomètre, ne marque pas infailliblement la sensation de chaleur dont le Corps humain est affecté. Car comme une succession perpétuelle d’air frais est nécessaire pour que nous puissions respirer, il y a aussi quand il a fait chaud pendant quelque tems, un air imprégné de vapeurs, qui ne manque jamais d’exciter en nous une idée de chaleur étouffante bien plus grande que celle que la seule chaleur d’un air agité et pur aurait excitée. Il suit delà, que le Thermomètre ne sauroit déterminer la chaleur que cette cause fait éprouver au Corps humain ; et outre cela que la chaleur dans la plupart des endroits situés entre les Tropiques, doit être beaucoup plus incommode, que le même degré de chaleur absolue dans une Latitude, plus avancée vers le Pole. Car l’uniformité et la durée de la première de ces chaleurs contribue à imprégner l’air d’une quantité prodigieuse d’exhalaisons et de vapeurs, la plupart très malsaines : or comme dans ces Climats les vents sont foibles et réglés les exhalaisons changent seulement de place, sans être dissipées, ce qui rend l’Atmosphère moins propre pour la respiration, et produit par cela même cette sensation qu’on appelle chaleur étouffante : au-lieu que dans des Latitudes plus avancées ces vapeurs s’élèvent probablement en moindre quantité ; sans compter que des vents irréguliers et violens les dissipent souvent tellement, que le même degré de chaleur absolue n’est pas accompagné de cette incommode sensation de chaleur suffoquante. En voi-