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CHAPITRE VI


Prise de Paita, et ce que nous fimes jusqu à ce que nous quittâmes les Cotes du Pérou.


La Ville de Paita, à 5° 12’ de Latitude Méridionale, est située dans un Canton fort stérile, dont le terrain n’est composé que de sable et d’ardoise : elle ne contient qu’environ deux cens familles, et on рeu juger de son étendue par le Plan que j’en donne ici. Les Maisons n’y sont que d’un étage, et n’ont que des murs de roseaux refendus et d’argile, et des Toits de feuilles sèches. Cette manière de bâtir, toute légère qu’elle paroit, est assez solide, pour un Païs où la pluie est un phénomène rare. Il en tomba pourtant en 1728 et quoiqu’elle ne fût pas fort grande, elle eut la force de détremper les murs de plusieurs de ces Bâtimens et de les faire crouler. Le plus grand nombre des Habitans de Paita sont des Indiens, des Esclaves Nègres, des Mulâtres ou des Mestices ; et il y a fort peu de Blancs. Le Port de cette Ville ne peut guère passer que pour une Baye ; с’est pourtant le meilleur qu’il y ait dans ces Quartiers, et l’ancrage y est sur et bon. Il est fort fréquenté par les Vaisseaux qi viennent des Païs qui sont au Nord ; C’est le seul lieu de relâche pour les Vaisseaux qui vont d’Acapulco, Sonsonnate, Realejo et Panama, à Callao : la longueur de ces Voyages, qui pendant presque toute l’année ne peuvent se faire qu’en remontant contre le vent, oblige ces Vaisseaux à aborder la Côte pour faire de l’eau. Il est vrai que les environs de Paita sont si arides, qu’on n’y trouve pas une goute d’eau à boire, ni aucune sorte d’herbages, ni provisions d’aucune espèce, excepté du Poisson et quelques Chèvres : mais à deux ou trois lieues delà vers le Nord, il y a une Ville d’Indiens, nommée Colan, d’où on transporte à Paita, sur des Radeaux, de l’Eau, du Maïz, des Herbages, de la Volaille, et d’autres Rafraichissemens, pour les Vaisseaux qui touchent en cet endroit. On y amène aussi du Bétail de Piura, Ville située plus avant dans le Païs, à quatorze lieues de Paita. L’eau qu’on apporte de Colan, est d’une couleur blanchâtre, mais quoique nullement belle, on dit pourtant qu’elle est fort saine, on prétend même, qu’en serpentant entre des Bois de Salsepareille, elle devient imprégnée des vertus